2013-05-21T08:00:21+02:00

Le magasin des suicides

Publié par Caro -

LE MAGASIN DES SUICIDES, par Domitille Collardey et Olivier Ka, d'après le roman de Jean Teulé (Delcourt, 2012)

Dans la famille Tuvache, on tient un magasin bien spécial depuis dix générations. On vend tout ce qui permet de mettre fin à sa vie : cordes avec noeuds coulants, poisons divers et variés, parpaings pour défenestrations, poignards pour se faire hara-kiri... Dans la famille, tout le monde est déprimé, tous sauf Alan, le petit dernier, qui est toujours de bon humeur, et toujours poli et souriant. Mais Alan n'est pas bon pour le commerce de ses parents, il sème la zizanie avec ses chansons joyeuses. A force de persuasion, le petit dernier va redonner le goût de vivre (et des couleurs) à sa grande soeur et à son grand frère, puis à ses parents... Le commerce morbide des Tuvache va-t-il être remis en cause ?

Voici un album adapté du roman (du même titre) de Jean Teulé, sorti en 2008 (mais que je n'ai pas lu). J'ai aimé lire cet album à l'esprit décalé, et aux interprétations graphiques originales. C'est cynique, tordu parfois (dans les moyens pour se donner la mort), mais qu'est-ce que c'est drôle ! Ce n'est jamais vraiment pessimiste, car Alan est toujours là avec sa touche joyeuse et drôle. J'ai beaucoup aimé le traitement des couleurs, même si je ne m'en suis pas rendue compte dès le départ. En fait, dès que quelqu'un a un peu de joie de vivre, est un peu de bonne humeur, son personnage est plus coloré. Et quand il ne va pas bien, il est gris, tout terne. Autant dire qu'au départ, tout ou presque est gris, et au fil de l'album, Alan va répandre la joie parmi ses proches. La fin de l'histoire est un pied-de-nez à toute la famille, c'est assez surprenant mais en y réfléchissant après coup c'est une fin très bien trouvée.

Le dessin est quant à lui tout aussi agréable, réaliste. Il n'y a pas toujours de cases à l'album, mais une action découpée en plusieurs scènes imbriquées les unes dans les autres. Je veux dire par là qu'il y a un seul décor sur une page ou une double page, et que les personnages sont dupliqués dans ce décor pour signifier l'avancée de la scène. C'est au départ déroutant, et puis finalement on se fait à cette narration particulière, tout comme aux plans parfois originaux (la façade du magasin est parfois effacée pour qu'on puisse voir ce qui se passe sur deux ou trois étages de l'immeuble). J'ai beaucoup aimé ces choix graphiques qui changent de ce que je peux connaître et donnent aussi un certain dynamisme à l'histoire. Bref, cet album ne broie pas du noir contrairement à ce qu'on pourrait croire, mais si vous n'êtes pas amateur d'humour noir, passez votre chemin !

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Le comptoir de la BD, Au milieu des livres, Doucettement, Edea75...

Une adaptation en dessin animé a aussi été réalisée par Patrice Leconte. Voir ci-dessous la  bande-annonce :

2013-05-20T15:00:20+02:00

Zélie et compagnie, tome 3 : tous pour une !

Publié par Caro -

ZÉLIE ET COMPAGNIE, tome 3 : TOUS POUR UNE !, par David de Thuin et Corbeyran (BD Kids, 2011)

Recueil de petites histoires de la vie d’une jeune collégienne, Zélie Bistouri, et de ses amis : Benoit dit Laglu, Noël dit Boycott, Albert dit Einstein, Agathe dite Coin-Coin. Leur vie est celle de nombreux jeunes ados de leur âge, entre téléphone portable, premiers amours, marre de l’école et rêve d’une vie meilleure… Mais Zélie se sent aussi concernée par l’écologie, et un de ses amis se trouve confronté au harcèlement à l’école.

Voici un petit album qui sous ses aspects ludiques aborde donc aussi des sujets sérieux, et même si les soucis sont résolus assez facilement (chaque histoire fait 10 pages), cela permet d’aborder des sujets plus graves sans pour autant être trop moralisateur. Le dessin de David de Thuin est le même que pour Arthur Minus. Les personnages sont très reconnaissables, on ne peut pas les confondre. Les couleurs sont simples, pas vives ni pastels, mais rendent l’album coloré et agréable. Il y a assez peu de fond et de décors, mais ce n’est pas grave, ce n’est pas cela qui est le plus important. Les bulles ne sont pas très grandes et la typographie lisible et c'est bien : il est préférable de ne pas avoir trop de texte pour les jeunes lecteurs. Les scénarios sont dynamiques, sans temps mort (en même temps, c'est tellement court que ce serait bien ennuyeux s'il y avait des blancs !), et c’est souvent à la dernière ou avant-dernière page que la situation se dénoue. J’ai beaucoup aimé l’épisode parodique d’Harry Potter, où Zélie est Zélie Pozzer et joue au didditch avec ses amis… C’est une lecture sympa et agréable, pas prise de tête, et qui plaira sans doute aux lecteurs de 9 à 13 ans, car les aventures de Zélie et de ses amis paraissent chaque mois dans le magazine Dlire. Cet album a auparavant déjà été édité chez Bayard jeunesse en 2008.

Série à partir de 7 ans selon l@BD.

On parle de Zélie (mais pas de cet album en particulier) sur les blogs : La lucarne à Luneau, Pause Kikine.

 

Cet album participe au challenge "à la découverte des prénoms", lancé par Capocapesdoc.

http://a395.idata.over-blog.com/2/24/31/24/Mes-Images-5/challenge-a-la-decouverte-des-prenoms-3.jpg

2013-05-13T18:00:03+02:00

La peau de l'ours

Publié par Caro -

LA PEAU DE L'OURS, par Oriol et Zidrou (Dargaud, 2012, coll. Long courrier)

Amadéo est un jeune garçon qui vit sur une île de Méditerranée en Italie. Chaque jour, il rend visite à un vieil homme, Don Palermo, pour lui lire son horoscope. Il faut dire que Don Palermo est aveugle. Amadéo en profite pour lui raconter sa petite vie, dont les avances plus ou moins osées que lui fait la fille du garagiste. Il remplace même sa tante qui habituellement s'occupe du vieux monsieur. Au fil des jours, le vieil homme va  faire des parallèles avec sa jeunesse à lui, alors qu'il vivait aux Etats-Unis et est tombé fou amoureux de Mietta, petite fille de Don Pomodoro, un mafieux qui tenait un quartier de la ville. Lui qui avait grandi dans un cirque avec son ours s'était fait engager par le mafioso et faisait partie de ses petites mains... Mais cet amour-là va lui coûter cher, et changer le cours de sa vie...

Voici un album emprunté pour son scénariste, Zidrou, que je suis depuis Boule à zéro et Le beau voyage. Je peux dire que là encore, je n'ai pas été déçue, même si c'est très différent de ce que j'avais pu lire de lui. Le scénario est mené d'une main de maître, très bien raconté, avec à chaque fois des indices qui permettent au fil de la lecture de reconstituer la jeunesse de Don Palermo. Tout est relié à la fin, j'ai vraiment bien accroché. Pourtant l'ambiance de la jeunesse du vieil homme est pourtant assez glauque, avec Pomodoro qui tue tout ce qui se met sur sa route, même pour les raisons les plus futiles qui soient (le barbier qui l'a légèrement coupé, un jeune garçon sur le bord de la route...). Les scènes sont même parfois assez crues. En parallèle, il y a aussi l'histoire d'amour entre Palermo et Mietta, cela apporte un peu de douceur à l'histoire. La fin est surprenante et attendue à la fois.

Même si le dessin est assez étrange au premier abord et que j'ai eu un peu de mal à entrer dedans, après quelques pages, j'ai trouvé qu'il correspondait bien à l'ambiance. Les personnages ont des traits rugueux, des nez proéminents parfois, même perpendiculaires. Cela leur donne un caractère propre, et il n'y a pas de risque de confusion entre tous les personnages. Les couleurs sont magnifiques, très travaillées, j'ai particulièrement aimé celles de l'île méditerranéenne de Lipari, très ensoleillées. Le scénario et le dessin, tout cela concourt à insuffler une sacrée ambiance à cet album très réussi ! 

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Sin City, Bédépolar, La bibliothèque de Noukette, Au fil des lectures.

Premières planches à lire sur le site de l'éditeur. Interview du dessinateur et du scénariste réalisée en mars 2013 au salon du livre de Paris, à lire sur le blog Un amour de BD.

Cet album a fait partie de la sélection 2013 du prix SNCF du BD polar.

Ci-dessous, une musique complètement adaptée à l'ambiance de ce livre :

2013-05-10T00:01:34+02:00

Le singe de Hartlepool

Publié par Caro -

LE SINGE DE HARTLEPOOL, par Wilfrid Lupano et Jérémie Moreau (Delcourt, 2012, coll. Mirages)

1814, Napoléon est en guerre contre le reste de l'Europe. Une partie de sa flotte vogue près des côtes de l'Angleterre, et un navire fait naufrage. A son bord l'équipage et aussi un singe, mascotte et souvenir du passé de marchand d'esclaves du capitaine du bateau. Alors que la mer est déchaînée, tous périssent, sauf le singe et un jeune mousse bilingue. Le jeune garçon s'échoue sur une plage, et arrive à passer pour un anglais, tandis que sur la plage du petit village de Hartlepool, le singe s'échoue, habillé en soldat français. L'ignorance des habitants et leur haine des mangeurs de cuisses de grenouilles conduit à un procès factice contre le singe, que tout le monde prend pour un véritable français, pour espionnage. D'ailleurs, pourquoi ne répond-il pas à leurs questions ?

J'ai réservé cet album en bibliothèque suite à son apparition sur les blogs de lecteurs, et dans le top BD des blogueurs. Je ne pense pas sinon que j'aurais repéré cet album, pourtant sorti récemment. C'est un album sur l'ignorance et la bêtise humaines ainsi que sur le racisme. Il est basé sur une légende qui court toujours en Angleterre. Les personnages anglais sont bien retranscrits, les dialogues montrent bien leur méconnaissance des autres. On sent l'hystérie qui monte dans le village, leur volonté de faire la peau à un personnage qu'il prenne pour un français à cause de son uniforme. C'est vraiment très drôle, comment les certitudes d'un groupe peuvent se transmettre et se développer, jusqu'à atteindre le summum du ridicule. Seuls les enfants relèvent un peu le niveau, car eux ne se basent pas sur des souvenirs d'un vieux fou, ancien combattant des Français lors de la bataille de Québec. On peut même dire que les enfants sont les plus ouverts d'esprit : ils jouent avec le fils du médecin, venu d'une autre région de l'Angleterre (lui aussi plus évolué que les habitants) et avec le mousse, qui se passe bien de dire qu'il parle français et était sur le bateau naufragé. Bref, l'histoire cherche à dénoncer la bêtise e le racisme, et mêle les clichés sur les français à l'ignorance des habitants de Hartlepool qui ne sont pour la plupart jamais sortis de chez eux et donc ont par défaut peur de l'inconnu. Le dessin aide aussi à restituer ce climat de défiance vis-à-vis des étrangers : il est très expressif, on sent presque les personnages bouger. Il faut dire que le dessinateur vient du monde de l'animation, et cela se ressent lors de la lecture. Le singe de Hartlepool est donc un album très original, très drôle, sur un thème inattendu. Une belle découverte !

 

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Chroniques de l'invisible, Yspaddaden, Sylire, Miss Alfie croqueuse de livres

2013-04-30T16:00:06+02:00

Far away

Publié par Caro -

FAR AWAY, par Maryse Charles, Jean-François Charles et Gabriele Gamberini (Glénat, 2011)

Martin Bonsoir est un chauffeur routier qui circule sur les routes du Canada et des Etats-Unis sans plus les regarder. Un jour d'automne, alors que la neige s'invite sur la route vers la Tuque au Québec, il tombe en panne dans un virage. Il choisit alors de partir à pied vers St Christophe, à 4 kilomètres de là. Mais au bout d'une demi-heure, alors que le froid est de plus en plus poignant, il tombe sur une maison, où une femme prénommée Esmé l'accueille et l'héberge pour la nuit. Mieux, connaissant le mode de fonctionnement des trucks,elle l'aide à repartir, mais avant, elle lui demande de l'accompagner vers sa destination, l'Arizona. Elle rêve de voir le grand Canyon. S'en suit alors un road-movie, où les deux personnages vont quelque peu se découvrir, et où une amitié amoureuse va se nouer, parmi les paysages grandioses nord-américains...

Voici une BD dont Yaneck a parlé il y a un mois ou deux sur son blog, et l'ayant aperçue au CDI, je l'ai empruntée et lue pendant ces vacances. J'ai adoré cet album pour ses paysages, magnifiques, gigantesques. Ca m'a rappelé mes vacances au Québec il y a presque deux ans maintenant, car l'ambiance de l'album est tout à fait réaliste (en plus, on s'était arrêtés à la Tuque !). Bref, ça donne vraiment envie de repartir là-bas ! Les dessins sont particuliers mais très agréables, style peinture. Les gros plans sont magnifiques, très réalistes, presque des photos redessinées. Les paysages sont très colorés, montrant la diversité de l'Amérique du Nord. Un vrai guide touristique ! On sentirait presque l'odeur des arbres dans cette histoire qui commence bien au départ. Puis, au fil des cases, on se doute qu'Esmé cache quelque chose, que cette femme a vécu des choses graves, quand elle parle de son mari et de son fils au passé. Puis la fouille involontaire du sac par Martin ajoute encore un indice. Bref, le scénario est assez vite trouvé, mais j'ai aimé lire cette histoire de 144 pages et me laisser embarquer par l'aventure de ces deux voyageurs solitaires. Un très bon moment de lecture !

Non mentionné sur l@BD, je dirais à partir du lycée.

On en parle sur les blogs : SambaBD, Chroniques de l'invisible, Liratouva-Mango, Les chroniques de Madoka.

Le début de l'album sur le site de l'éditeur.

2013-04-26T08:00:36+02:00

Alice au pays des singes

Publié par Caro -

ALICE AU PAYS DES SINGES, par Tebo et Keramidas (Glénat, 2012)

Alice, la fameuse petite fille du conte, a quitté le pays des merveilles. Le problème, c'est qu'elle ne se rappelle pas du tout comment. Au pays des singes, où elle a atterri, elle est accueilli par un mandrill avec un chapeau, Eddy. Au départ, tout le monde la prend pour Tarzan, le roi de la jungle parti en vacances et jamais rentré dans son pays. Alice et Eddy vont tout faire pour que la fillette puisse repartir : en chemin, ils vont rencontrer un sage singe, Ella, une plante carnivore devenue végétarienne, un tigre qui a remplacé Tarzan comme roi et qui veut croquer Alice pour conserver sa place, des chauves-souris espionnes... Le chemin va être compliqué pour retrouver le pays des merveilles !

Voici le 2ème album que m'a offert Yaneck en février dernier. Je ne pense pas que sinon j'aurais lu une telle histoire, car la couverture ne m'attirait pas tant que ça. Elle paraît jeunesse, mais en fait, l'histoire n'est pas forcément à destination des plus jeunes. Il faut dire que cet album mêle le conte de Lewis Carroll avec Le livre de la jungle ! Oui, dit comme ça, ça paraît un peu difficile à imaginer, mais le scénariste parvient totalement à remplir son contrat : l'histoire est totalement folle, vraiment déjantée, et c'est drôle de bout en bout ! Il faut accepter cependant que les contes originaux ne soient pas suivis à la lettre, bien sûr, pour entrer complètement dans ce récit "barré", dans le délire des deux auteurs. Le langage utilisé est tour à tour "djeuns" ou assez soutenu, selon les personnages. Le dessin est très coloré, très rond, et très sympa dans ce type de récit. Le top du top, dans cet album, réside dans certaines planches particulièrement travaillées : pages entières, doubles pages à lire ensemble (ce qui m'a perturbée au départ), ou encore un découpage très astucieux où il faut suivre le personnage d'Alice pour lire l'histoire dans le bon sens... C'est vraiment joli à voir et en plus ça donne du rythme à l'histoire ! Encore merci Yaneck, ton cadeau m'a bien agréablement surprise !

 

A partir de 10 ans selon l@BD, mais aussi bien pour les plus grands qui verront les différents degrés de lecture.

On en parle sur les blogs : Le grenier de Choco, La bibliothèque de Noukette, Chroniques de l'invisible, Temps de livres.

Les premières pages à voir sur BDGest.

 

Cet album participe au challenge "à la découverte des prénoms", lancé par Capocapesdoc.

http://a395.idata.over-blog.com/2/24/31/24/Mes-Images-5/challenge-a-la-decouverte-des-prenoms-3.jpg

2013-04-25T16:58:06+02:00

Pablo, tome 1 : Max Jacob

Publié par Caro -

PABLO, tome 1 : MAX JACOB, par Clément Oubrerie et Julie Birmant (Dupuis, 2012)

Biographie dessinée de l'artiste peintre d'origine espagnole, qui arrive juste à Paris au début du XXème siècle, lors de l'exposition universelle et connaît de nombreux soucis, à la fois sentimentaux et d'argent. Après la mort de son ami Carlès Casagemas et une période de vie de bohème, il cotoie la vie parisienne, la vie de bohème, et rencontre Max Jacob, poète qui ne vit pas encore de son art. Ce dernier prend Picasso sous son aile, et le fait vivre à ses frais. Picasso, qui ne tient pas en place, rencontre alors un nouveau modèle, Fernande, une jeune fille mariée de force à un pauvre type et qui s'est enfuie de chez elle. Elle est depuis devenue un modèle réputée pour les peintres et les sculpteurs.

Voici un album qui avait pas mal fait parler de lui l'an dernier à sa sortie. Je l'avais vu dans plusieurs magazines ainsi que sur Internet, et donc quand je l'ai trouvé en bibliothèque, je n'ai pas hésité. Pourtant, je ne suis pas fan du trait de Clément Oubrerie, auteur de la série Aya (tome 1 sur ce blog) et de l'adaptation en BD de Zazie dans le métro. Et bien là, heureusement que je ne suis pas restée sur ma mauvaise impression, car cette fois, le dessin sied parfaitement à l'histoire, il ne m'a pas dérangée, et correspond à l'ambiance du début du XXème siècle. J'ai trouvé très intéressante cette biographie dessinée sur un peintre avant qu'il ne devienne célèbre. Les couleurs font un peu délavées, passées, et cela participe à l'ambiance particulière de l'album, qui se déroule dans les quartiers d'artistes de Paris, c'est à dire Montmartre et sa butte. J'ai beaucoup aimé cet album pour cette raison. Et même si parfois ce n'est pas bien clair au niveau des dates, on se sait pas vraiment si entre chaque "épisode", il se passe quelques jours, quelques semaines ou quelques mois, Pablo, tome 1 est vraiment un album entraînant ! Il n'empêche qu'à la fin, on ne veut qu'une chose : connaître la suite de l'histoire entre Pablo et Fernande ! Cet album me démontre que même si on n'aime pas particulièrement le travail d'un auteur, il ne faut pas le lâcher pour autant ! La preuve, si je trouve la suite, je la lis sur le champ !!

 

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Liratouva (Mango), Madmoizelle le blog BD, D'une berge à l'autre, Le blog de Moon, La ballade de Mathylde.

 

 Bande-annonce de l'album :

2013-04-24T23:26:34+02:00

Tests en cours

Publié par Caro -

Tests en cours : suite à la mise à jour de la plate-forme d'Overblog, j'en profite pour modifier mon blog, et tester différentes choses... Cela risque de durer quelques jours, mais les travaux ne seront que provisoires !!

2013-04-24T08:00:00+02:00

Nous ne serons jamais des héros

Publié par Caro -

NOUS NE SERONS JAMAIS DES HÉROS, par Frédérik Salsedo, Olivier Jouvray et Greg Salsedo (Le Lombard, 2010, coll. Signé)

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Michaël, dit Mick, a une petite trentaine d'années, pas de boulot fixe ni de petite amie... Sa vie est vraiment peu palpitante, et va être bousculée par un coup de fil de son père : sa grand-mère vient de décéder. Avec sa soeur, bourgeoise un brin excentrique, il se rend à la sépulture, et retrouve son père qu'il n'avait pas vu depuis plusieurs années. Ce dernier n'a pas changé, toujours aussi acariâtre. Quelques temps plus tard, le père rappelle le fils et lui propose de l'accompagner pour un tour du monde, pour l'assister. En effet, le père est physiquement diminué depuis un accident de la route qui a tué sa femme, la mère de Mick, 25 ans plus tôt. Après réflexion, le fils accepte d'accompagner son père. Les voilà partis pour une virée autour de la planète : La Réunion, Mayotte, New-York, San Francisco, Vietnam, Inde, Maroc, Finlande. Ils retournent sur les lieux où lui et sa femme sont allés, et c'est l'occasion pour le père de raconter des épisodes de son passé. Au départ, Mick est très peu curieux, très renfermé. Au fil des voyages, il va s'ouvrir et découvrir des facettes méconnues de son père... Ce tour du monde va changer sa propre vie.

Superbe album que ce "nous ne serons jamais des héros" ! J'ai adoré cet album, tant le scénario que le dessin et les couleurs, et j'ai eu du mal à le refermer une fois les 88 pages terminées. C'est plein de sensibilité, il y a aussi des moments avec de l'humour (accentué par certains visages un peu exagérés, mais qui passent très bien dans l'histoire), les paysages sont magnifiques. On est comme le fils, un peu triste de ne passer que très peu de temps à chaque endroit, car à chaque fois, le père ne fait qu'effleurer ses souvenirs d'un lointain passé avec sa femme, et choisit de repartir vers une autre destination.  On sent au fil de l'album qu'il y a quelque chose qui cloche chez le père, et on s'interroge sur les vraies raisons de ce voyage. On se demande pourquoi entre lui et son fils il y avait si peu de contacts, et pourquoi là, pendant le voyage, le père se dévoile peu à peu. J'ai aimé le fait que le fils s'intéresse plus à son père et à sa mère disparue, car au début de l'album il est vraiment mou et assez inintéressant. Il ne se pose pas de questions, n'est pas curieux... et c'est le voyage qui va le réveiller, le révéler pourrait-on dire. J'ai aussi aimé le fait que ce ne soit pas qu'un voyage entre les deux hommes, pas seulement une histoire de famille et un voyage initiatique, mais qu'il y ait une histoire d'amour, même brêve pendant l'album. Même si ça fait peut-être un peu cliché, ça permet de ne pas enchaîner les différentes destinations à la suite, et ça permet de sortir du huis-clos entre les deux hommes. Petite chose bête enfin : j'ai aussi aimé le fait que les dialogues en anglais ne soient pas traduits, même s'ils ne sont pas bien compliqués à comprendre. Cela permet de rester dans l'histoire, et ça ne cloche pas du tout. Bref, avec un scénario très bien construit, un dessin adéquat et de magnifiques couleurs, tous les ingrédients sont réunis pour faire un très bel album, à mettre entre toutes les mains !

 

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Chroniques de l'invisible, Bulles et onomatopées, Lire au jour le jour, Le grenier de Choco...

Le site de Greg Salsedo, qui a fait la couleur, est à visiter, tout comme le blog du dessinateur Frédérik Salsedo.

2013-04-23T16:25:00+02:00

The autobiography of me too

Publié par Caro -

THE AUTOBIOGRAPHY OF ME TOO, par Guillaume Bouzard (Les requins marteaux, 2008, coll. Centripète)

http://ec56229aec51f1baff1d-185c3068e22352c56024573e929788ff.r87.cf1.rackcdn.com/attachments/large/8/4/8/001938848.jpgAutobiographie humoristique et décalée d'un auteur de BD d'une trentaine d'années, fan de rock qui vit dans les Deux-Sèvres avec son amie, et passe beaucoup de temps au café avec ses amis. Les nuits de pleine lune, tel un loup-garou, il se transforme en un personnage étrange, qu'il nomme Ramon... Dans ces cas-là, rien ou presque ne lui résiste... !

Voici un album que je connaissais depuis longtemps sans pour autant l'avoir lu. J'aimais bien la couverture toilée de cet album, qui finalement ne dit pas grand-chose du contenu, mais cela donnait l'impression des vieux livres. Finalement, je n'ai pas été spécialement séduite par cet album, dont les différentes histoires sont au final assez décousues. Certaines sont très drôles, d'autres moins. J'ai beaucoup aimé l'épisode où l'auteur croit reconnaître au bar Lemmy du groupe Mötorhead et où il lui dit dans un franglais hésitant toute son admiration, sans le laisser répondre, et ensuite est persuadé de connaître la raison de la présence de cet homme dans le fin fond des Deux-Sèvres. Il ne veut pas être le fan "lourdingue", et donc le salue toujours avec respect... On comprend bien, en tant que lecteur, qu'il s'agit d'un sosie, et ce quiproquo rend cet épisode très drôle !! Sinon, j'ai trouvé que les autres épisodes étaient parfois confus, partaient un peu dans tous les sens. Je n'ai pas trouvé d'ordre logique aux différents épisodes, qui mêlent alcool, sexe et rock'n roll. Le héros est un peu looser parfois, il collectionne les malchances, on le prendrait presque en pitié. Le dessin est tout à fait accordé avec le propos, il est sympa, léger. Il y a peu de décors détaillés, en même temps les cases ne laissent pas d'espace pour cela. En effet, il y a 12 cases par page (3 lignes de 4 cases), les cases étant tout en hauteur. Cela donne une impression de rapidité à cet album, qui se lit bien, mais j'en attendais sûrement trop pour en être réellement satisfaite...

 

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Mitchul, Adaequatio, Rock et BD.

Le blog de Guillaume Bouzard (avec aussi James) est aussi à voir !

Un extrait de l'album (de mauvaise qualité) est disponible sur le site de l'éditeur.

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