PILULES BLEUES, par Frederik Peeters (Atrabile (Genève), coll. Flegme, 2001)
L'autobiographie,
sans exhibitionnisme aucun de Frederik, qui dessine sa première rencontre avec Cati, puis les quelques années où ils se perdent de vue, puis leurs retrouvailles définitives... L'auteur nous
expose sa vie avec cette jeune femme séropositive également maman d'un fils. Nous suivons alors ses questions sur la maladie, ses visites angoissées chez le médecin...
Le dessinateur attaque tous les préjugés que l’on peut avoir concernant les personnes atteintes du Sida. Il est possible de vivre avec le VIH, à condition d’une routine bien
huilée, d’une hygiène irréprochable, et d’une confiance en l’autre qui permet de ne pas s’enfermer dans une méfiance quotidienne. Le couple de Frederik et Cati gère les situations de crise comme
les petits bonheurs de la vie : avec amour, intelligence, et sans précipitation.
Le dessin en noir et blanc, rond, est très représentatif, épuré également. Les cases sont irrégulières, et donnent du rythme récit. Les chapitres qui organisent ce roman graphique ne sont
pas écrits, mais dessinés (boîte de comprimés, peigne, cigarette écrasée...). C'est à la fois tendre et dédramatisant vis-à-vis d'une maladie encore parfois mal connue...
Cet ouvrage serait plutôt d'un niveau adulte, il n'est pas référencé par le site l@BD. La Fnac le conseille à partir de 15 ans.
L'HOMME QUI S'EVADA, par Laurent Maffre (Actes Sud BD (Arles), 2006)
Roman graphique
adaptant le roman d' Albert Londres du même nom que l'album, publié en 1928.
L'histoire : Tout commence en 1912 avec la bande à Bonnot. Camille-Eugène Dieudonné, ouvrier ébéniste assez proche des anarchistes (tout comme la bande à Bonnot) est arrêté sous la pression de
l'opinion publique qui veut un coupable pour les méfaits commis par les voyous. Dieudonné, complice supposé de ces criminels mais condamné sans preuves, est envoyé injustement au bagne, en
Guyane.
Onze ans plus tard, enquêtant à Cayenne, Albert Londres rencontre Dieudonné. Ses camarades, ses gardiens, tous jusqu'au directeur de l'établissement, tiennent l'anarchiste pour innocent du crime
qu'il paye ici. Trois ans plus tard, Dieudonné s'est évadé et vit désormais au Brésil. Depuis Belem, il interpelle la France pour la révision de son procès. A Paris, un journaliste
s'enflamme, Albert Londres. Le temps d'une traversée et l'homme de plume serre la main de l'homme de peine. Ensemble, ils s'engageront sans réserve pour que justice soit rendue.
Laurent Maffre dessine sa première BD en trois parties : les raisons de l'envoi de Dieudonné à Cayenne, et la forte pression exercée par l'opinion publique de l'époque; l'évasion du condamné et
de ses compagnons d'infortune dans un environnement hostile; la vie de l'évadé (qui retrouve sa "belle" (sa liberté)) et sa réhabilitation souhaitée.
D'après ce que j'ai pu lire sur différents sites, Laurent Maffre prend le partie d’être fidèle au roman, et
surtout aux dialogues d’Albert Londres. Le texte, simple, efficace et direct, décrit l’horreur, donne du sens au mot «liberté». L’inhumanité du bagne est aussi largement critiquée
(les conditions de vie, le climat hostile...). Le dessin, en noir et blanc, peut être rebutant au premier abord, mais recèle pourtant un grand nombre de détails (par exemple les tatouages des
prisonniers). Il pourrait être très intéressant de comparer l'oeuvre originale à cette première BD d'un prof de dessin. A essayer donc !!
Roman graphique non référencé par l@BD, des scènes peuvent choquer, la vie au bagne étant loin d'être une partie de plaisir.
(pour voir des planches, aller ici)
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